Mondes De Ralph Critique Essay

Publiée le 11/02/2018

Un film pour ma part profondément indigeste que ce "Les Mondes de Ralph". Il faut savoir que le Disney de Noël, c’est une tradition, un peu comme le sapin décoré ou la dinde : ça annonce les fêtes de fin d’année et souvent on se plaît à retomber en enfance, ou tout du moins à profiter d’un moment familial. Je m’attendais donc à passer un bon moment devant ce film d'animation Disney à première vue particulièrement original et inventif, qui se veut comme un hommage aux jeux vidéo et à la culture geek, ce qu'il n'est au final pas du tout. S'il faut reconnaître que ce film sort des sentiers battus (et j'adore les films qui sortent des sentiers battus, mais je n'aime pas ce film), que le personnage de Ralph en soi est très original et très attachant dans son rôle de Spoiler: "méchant" rejeté de tous et qui cherche la reconnaissance des autres habitants du jeu, que la première partie du film (avant que Ralph Spoiler: n'entre dans le jeu Sugar Rush) est vraiment bien construite, prenante et intéressante, la seconde partie du film Spoiler: avec Sugar Rush est une vraie calamité. Les vannes Spoiler: "pipi, caca, prout" vraiment désolantes s'enchaînent. Et c'est à ce moment là qu'arrive ce qui peut arriver de pire à un film, un nouveau personnage, censé être très important, mais qui se révèle juste abominable, j'ai nommé Vanellope, une petite fille à la voix insupportable, au comportement insupportable, à l'humour bon pour enfants de 4 ans et au caractère stéréotypé à l'extrême. J’ai particulièrement détesté ce personnage, mais aussi les personnages de Felix et de sa copine qui sont détestables (et Spoiler: leur romance est profondément inutile et insipide, c’est clairement le pire couple Disney jamais conçu). L’univers de Sugar Rush, s’il est magnifique visuellement, est beaucoup trop coloré et sucré, à en devenir écœurant de sucrerie et de niaiserie. Par ailleurs, l’univers des jeux vidéos n’est au finalSpoiler: jamais exploité et le méchant du film est particulièrement ridicule et pitoyable. Mais si les partis pris ne sont jamais assumés et les gags tombent systématiquement à l'eau, ce qui pourra énerver le plus, c’est l’aspect hautement commercial de l’œuvre, qui ne cache aucunement des placements de produits aussi visibles que le nez au milieu de la figure (Nesquik, Oreo, Coca-Cola, Mentos…). Ainsi, avec un humour extrêmement limité, voir même moralement indécent (Spoiler: les lianes qui rigolent car le personnage se fait casser la gueule), des personnages pas attachants pour un sou à l'exception de Ralph, trop de sucrerie, trop de niaiserie, un univers des jeux vidéo sous-exploité, une romance inutile, un méchant ridicule, et pour conclure une publicité géante pour faire acheter des jeux, manger des bonbons et autres friandises, ce film est l'un des plus odieux de la production Disney. En plus la morale délivrée à la fin est vraiment discutable. Hymne à la famille et à la sur-consommation à l’américaine, sans aucun discours nouveau derrière, cette nouvelle production Disney est l’anti-prise de risques, et à multiplier les placements de produits, est juste clinquant et écœurant. "Les Mondes de Ralph" a tout de la boutique de sucrerie où l’on se sert soi-même : un choix de friandises fait pour plaire à tous, cher pour ce que c’est, qui colle aux dents et que l’on regrette juste après. Seule la bande-son est vraiment réussie. A fuir

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On a beau chercher, Les Mondes de Ralph n’est en rien le film que l’on fantasmait !

L’argument : Dans une salle d’arcade, Ralph la casse est le héros mal aimé d’un jeu des années 80. Son rôle est simple : il casse tout ! Pourtant il ne rêve que d’une chose, être aimé de tous…
Vanellope Van Schweetz quant à elle, évolue dans un jeu de course, fabriqué uniquement de sucreries. Son gros défaut : être une erreur de programme, ce qui lui vaut d’être interdite de course et rejetée de tous…
Ces deux personnages n’auraient jamais dû se croiser… et pourtant, Ralph va bousculer les règles et voyager à travers les différents mondes de la salle d’arcade pour atteindre son but : prouver à tous qu’il peut devenir un héros… Ensemble, arriveront-ils à atteindre leurs rêves ?

Notre avis : Depuis des années, ce n’est un secret pour personne, le département animation dépressif du studio Disney se cherche, mais se trouve difficilement, alors que Universal (Moi moche et méchant), Dreamworks (Madagascar) et la Fox (L’âge de Glace) ont trouvé leurs franchises. Après les désastreux Little Chicken et Bienvenue chez les Robinson, en passant par le semi succès de Volt qui commençait fort pour devenir mielleux sur sa toute fin, les nouvelles productions ont toutes été incapables de lancer de nouvelles séries pour garantir des hits récurrents aux actionnaires du groupe.
Mickey Mouse, souris d’un autre siècle est-elle devenue incapable de trouver l’inspiration d’antan ? Sous la houlette du grand gourou de Pixar, John Lasseter, Walt Disney Pictures semblait avoir trouvé la rédemption avec la chevelure dorée de Raiponce qui avait mis tout le monde d’accord, critiques et spectateurs, mâles comme femelles, alors que son univers de conte de fées et son ersatz effrontée de la Belle au bois dormant en guise d’héroïne, devait confiner l’intérêt à un public niche de lolitas de 3 à 8 ans. Que nenni, le fidèle destrier du studio était surtout une comédie désopilante au caractère universel.

Avec Les mondes de Ralph, nouvel effort en images de synthèse du studio sous influence Pixarienne, l’attente était très élevée. Il semblait que, las des animaux parlants de Dreamworks, le studio de Mickey voulait séduire les gamers nostalgiques des années 80 (bref, les trentenaires jusqu’aux racines grisonnantes des quadra) et un public adolescent geek explosé par les nuits à jouer en réseau sur leur XBoX. Bref, une prise de risque totale, un virement au masculin assumé et le film-fantasme de toute une génération, surtout que le réalisateur n’était autre que Rich Moor, artisan iconoclaste apprécié du petit écran pour avoir réalisé des épisodes des Simpson et de Futurama. Total respect pour le monsieur, donc.

Pris dans cette optique, il est difficile de ne pas ressortir furieux des Mondes de Ralph, qui ne ressemble en rien à ce qui a été vendu sur la toile pendant un an. Loin d’être un mash-up percutant de jeux vidéos considérés dans leur variété (combats, plateformes, SF, antiquités au goût des eighties...), Ralph est un contresens total sur ce qu’il fallait entreprendre pour modifier positivement et sur du long terme l’image rétro et gnangnan d’un secteur animé qui ne faisait plus rêver depuis des lustres. On s’attendait à un Roger Rabbit 100% animé dans le domaine du jeu vidéo, multipliant les guests des icônes du passé et les références divines aux consoles d’antan (Atari, Sega, les premières Nintendo...), et au final, on assiste éberlué à un spectacle pour galopins de 3-8 ans dans un univers saccharose façon Teletubbies du riche.

Les moyens financiers (conséquents) et l’incroyable maestria des effets spéciaux numériques (l’animation est tout simplement époustouflante, avec des moments 3D jubilatoires en toute fin ) ne parviennent jamais à combler les handicaps d’un script routinier qui s’obstine à s’embourber sur une plateforme finalement assez unique, celle du sentimentalisme, avec gamine à sauver, car toute la rédemption du gros Ralph, bad boy déprimé par son statut d’éternel méchant, se fera par son attachement à une enfant espiègle rencontrée dans un jeu vidéo tout de rose constitué, dégoulinant d’éléments culinaires, qui rappellent étrangement l’essentiel Tempête de boulettes géantes. Mais contrairement à la production Sony qui était un abattage d’idées à la seconde, de gags irrésistibles que toute la famille pouvait ingurgiter avec une lisibilité différenciée, Les mondes de Ralph rame quand il s’agit d’éviter de mettre les pieds dans le plat, celui écoeurant du programme bambin politiquement correct et totalement conservateur. Hymne à la famille et à la sur consommation à l’américaine, sans aucun discours nouveau derrière, cette nouvelle production Disney est l’anti-prise de risque, le plagiat fait maison (les états d’âmes de Ralph, "jouet" virtuel se font un peu trop l’écho des jeux vivants de Toy Story), qui risque d’éloigner encore un peu plus les amateurs d’une animation exigeante qui iront à l’avenir prendre leur pied ailleurs, peut-être même en restant le nez vissé dans l’univers chronophage des consoles et des tablettes numériques. Un contre-sens industriel, on vous dit, auquel on préférera à jamais l’authentique hommage aux jeux vidéos des années 80 que fut Tron l’héritage, toujours pas reconnu à sa juste valeur...


© Walt Disney Pictures

Frédéric Mignard

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